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Exit le tout nutritionnel des années 2000. Il suffit d'entendre "Il faut bien manger" ! Place désormais au retour du plaisir et à celui de la cuisine !
Les années 2000 ou le boom de l'alimentation santé
Les années 2000 ont vu explosé le discours nutritionnel tant du côté des pouvoirs publics que de celui des
industries agro-alimentaires.
Véritable enjeu de santé publique, la nutrition est devenue une priorité des pouvoirs publics face à la montée de l’obésité (création du PNNS, rapport Boyer, projet de taxes des produits trop
gras et sucrés, création des chartes PNNS...).
Et ce 1er discours – institutionnel – n’a pas tardé à impacter l’opinion publique : les consommateurs font de plus en plus le lien entre alimentation et santé, et, “bien se nourrir” pour être en
bonne santé constitue une quête qui “drive” désormais l’acte alimentaire : 85% des Français estiment que ce qu’ils mangent influence leur santé*, et, 88 % déclarent tenir compte d’une exigence de
santé dans leur alimentation**.
Les industries agro-alimentaires l’ont bien compris et n’ont pas hésité à s’engouffrer dans la brèche à un double niveau : un niveau produit avec moult allégations santé (source de fibres, riche
en calcium...), lancement d’alicaments (Actimel, Fruit d’or Pro-Activ...) mais aussi un niveau plus général de conseils nutritionnels : coaching, récupération des repères PNNS (par exemple Knorr
Vie qui vous aide à atteindre les 5 fruits et légumes par jour).
2010, la fin du tout nutritionnel ?
Trop de nutrition tue la nutrition ! Très vite, nous avons assisté à une véritable cacophonie : "Evitez de manger trop gras... Mais les omégas 3 c’est bon pour la santé. Il faut manger des féculents à chaque repas, mais le pain ça fait grossir.... Au moins 5 fruits et légumes par jour... Mais attention au sucre des fruits !"
Que penser de tout ça ?
Aujourd'hui, le consommateur commence à saturer de ce bruit nutritionnel. Pris en étau entre un discours normatif et moralisateur et une véritable cacophonie, quelle place lui laisse-t-on pour le
plaisir, une valeur pourtant fondamentale de notre culture culinaire française ?
Non que la nutrition commence à être boudée – elle demeure une attente majeure – mais les Français semblent adopter une voie plus holistique pour retrouver le chemin de l’équilibre alimentaire :
la cuisine.
L'explosion de la cuisine
La tendance est née ces dernières années avec l’apparition des cours de cuisine et la multiplication des blogs culinaires. Au-delà d’une promotion de la cuisine loisir, aujourd’hui la cuisine est
la 1ère attente en matière d’éducation alimentaire : L’item apprendre à cuisiner (réponse à la question “en quoi devrait consister l’éducation alimentaire” ?) est celui qui a le plus augmenté
entre 2008 et 2009 avec 51, 6 % des réponses en 1er, 2nd ou 3ème choix***.
Hé oui, la cuisine présente de nombreux avantages : faire des repas variés, maîtriser les ingrédients, les coûts et tout ça pour se retrouver en famille ou entre amis autour de bons repas !
A leur tour, les annonceurs commencent à s’emparer du filon : chez Casino des programmes courts “Demain, c’est chez moi” propose de partager les bonnes recettes des uns et des autres, Système U
sponsorise “Un dîner presque parfait”, Carrefour avec “la Grande Cuisine” envoie des grands chefs dans le métro, et, en ce moment même, la Fondation Nestlé est présente en programme court
avec “Tous ensemble à table” avec pour objetif d’apprendre à bien manger en promouvant les valeurs de la table.
Alors, allons-nous assister maintenant au tout cuisine ?
*Source : CRÉDOC, Enquêtes CAF 1988, 1997, 2000, 2004 et 2007.
** Pourcentage tiré d’une étude réalisée en 2007 par le Centre régional de valorisation et d’innovations agricoles
et alimentaires (Cervia).
*** Enquête Crédoc Alimentation, 2009.
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