Partager l'article ! L’industrie agro-alimentaire, perpétuel bouc émissaire ? Après l’obésité, le réchauffement climatique: Désignée en partie comme respo ...
Désignée en partie comme responsable de la montée de l’obésité, l’industrie agro-alimentaire a plus d’une fois été mise à mal ces dernières années.
Aujourd'hui, après avoir porté le chapeau de la malbouffe, elle se retrouve au banc des accusés du réchauffement climatique.
Stop aux dérives nutritionnelles de l'industrie agro-alimentaire ?
L'industrie agro-alimentaire est-elle responsable de la montée de l'obésité ? Pouvoirs publics, associations de consommateurs, experts scientifiques,
l’industrie agro-alimentaire elle-même… on ne compte plus le nombre de parties prenantes à ce débat et les mesures ou projets de mesures qui s'en sont suivis :
- insertion des mentions sanitaires (éviter de manger trop, trop sucré, trop salé, au moins 5 fruits et légumes par jour...) sur toute publicité relative à un produit alimentaire transformé
(2007),
- débat sur le marketing enfant - suppression des confiseries en sortie de caisse, appel à ne pas communiquer durant les écrans de pub des émissions enfants - (prise de parole de Roselyne
Bachelot mars 2008),
- projet de taxes sur les produits trop gras, trop sucrés, trop salés (rapport Boyer août 2008)...
Durant la décennie 2000, le bruit médiatique généré par ce vaste sujet de société n’a cessé de s’amplifier ; il fallait un bouc émissaire, nous l’avions
trouvé…
Soit. Mais ces mesures ou projet de mesures pour le moins coercitifs allaient-ils vraiment pouvoir permettre de lutter contre cette pathologie née avec la société de consommation ?
Sans être LA solution, une voie plus positive a semble-t-elle été trouvée en 2009 avec la signature des chartes d’engagement volontaires de progrès
nutritionnel : conclues entre le PNNS (programme national nutrition santé) et les industries agro-alimentaires, elles visent à inciter des démarches d’auto-responsabilité de la part des IAA
à plusieurs niveaux :
- amélioration produit (reformulation produit pour une meilleure composition nutritionnelle, taille des portions),
- communication (clarté de l’information, responsabilité des publicités),
- engagement corporate (soutien à des programmes d’éducation ou prévention à l’interne ou à l’externe).
A ce jour, 14 industriels ont signé une charte PNNS dont, encore hier, les 3 marques du groupe Nestlé : Maggi, Sveltesse et Herta.
L'industrie agro-alimentaire, maintenant responsable de l'environnement
Mais voilà : à peine ce 1er dossier commence-t-il à s’apaiser qu’une autre affaire voit le jour : l’industrie agro-alimentaire et en particulier
celle de l’élevage se retrouve maintenant accusée de nuire à l’environnement.
Jusqu’à présent, seuls quelques engagés ici et là nous mettaient en garde. Depuis quelques mois, l’affaire se répand (cf article « L’alimentation durable gagne un large public, Sciences et
Avenir, octobre 2009) et c’est véritablement lors du congrès de Copenhague que le scandale a éclaté : un repas avec viande et produit laitier revient - en émissions de gaz à effet de serre -
à 4758 km effectués en voiture contre 629 km pour un repas sans viande ni produit laitier. Face à ce
constat, un certain nombre de personnalités dont notre légendaire Beatles, Sir Paul McCartney, appelle à consommer moins de viande.
Bon, que l’industrie se rassure… Si la préoccupation environnementale est réellement croissante, on peut se demander si notre Français – bien individualiste –
sera vraiment enclin à changer son comportement…. A moins qu’on ne lui prouve que manger moins de viande, c’est aussi bon pour lui ! Auquel cas, « faire du bien à la planète pour se faire du
bien » pourrait bien être un créneau porteur !
C’est en tout cas un vrai chantier de travail pour les IAA. Après la nutrition, l’environnement sera sans doute pour nos professionnels de l’agro-alimentaire un sujet majeur dans les années à venir.
Derniers Commentaires