Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 19:05

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Et si se retrouver autour d’une bonne table et partager de bons moments permettaient de lutter contre l’obésité ? L’idée n’est pas nouvelle, mais jusqu'alors, nous Français, étions davantage émoustillés par l'alimentation santé : plus de vitamines, plus de fibres, plus d'oméga 3... Exit ce temps-là. Place désormais aux plaisirs de la table et au retour en force de la cuisine !

 

 

Table, partage, convivialité et auto-régulation de la prise alimentaire

Déjà en 2006, Claude Fischler – cet éminent chercheur en sociologie de l’alimentation -, évoquait la commensalité, à savoir le fait de partager son repas avec plusieurs convives, comme une piste sérieuse pour réguler l'obésité. Et oui, car au-delà du plaisir d’être ensemble, partager un repas permettrait en quelque sorte une forme d’auto-régulation. Vous n’y croyez pas ? Selon Estelle Masson, maître de conférence en psychologie sociale à l’université de Brest, lorsque nous mangeons à plusieurs, le contenu de nos assiettes est en quelque sorte soumis au jugement des autres qui deviennent alors des censeurs. A contrario, lorsque nous mangeons seul, nous sommes le libre organisateur de notre consommation alimentaire. Bref, en présence d’autrui, on ne mange pas n’importe quoi. Bien d’autres points seraient encore à évoquer : repas à table et impact positif sur le rassasiement (sensation qui apparaît 20 mn après avoir mangé et évite ainsi le grignotage), partage d’un repas et influence des émotions positives…

 

Mais voilà, même si en France cette tradition de partage a, au fond, toujours su se maintenir, à l’époque où cette piste était abordée, nous Français, portions davantage notre dévolu sur  les alicaments et autres aliments santé qui nous tiraient davantage vers l’alimentation fonctionnelle. Nous n’étions pas encore prêt à remettre la convivialité sur le devant de la scène.

 

2010, année de la commensalité ?

Que nos experts se réjouissent. Les Français connaissent depuis quelques temps un nouvel engouement pour les plaisirs de la table et son corollaire, la cuisine. Une étude récente* menée par BVA pour Nestlé révèle que pour 74 % des Français, le repas familial est l’occasion de savourer un moment de détente avec ceux qu’ils aiment.  L’étude « Les nouvelles convivialités »** menée par le Crédoc nous montre, par ailleurs, que moins formel – on se retrouve volontiers aussi dans le salon*** – le repas n’en reste pas moins structuré : 85 % des Français déclarent servir souvent des repas complets et 64 % des repas équilibrés lorsqu’ils reçoivent. Au-delà du repas, c’est aussi le retour à la cuisine maison qui a émergé. Effet de la crise, les Français sont en effet 47 % à cuisiner davantage de plats par eux-mêmes.
 

Mais entre déclarations et réalités, il existe un gap, car seuls 53 %* des Français prennent un repas en famille tous les jours ou presque.

 

La réponse des marques

Les marques l’ont bien compris et on ne compte plus les outils, recettes, concours mis à disposition des consommateurs pour assouvir ces nouvelles préoccupations et remettre nos concitoyens à la cuisine.

Tantôt axés sur la cuisine pratique avec, par exemple, Bonduelle qui nous propose un book en ligne pour créer ses menus selon ses envies ou Liebig qui nous donne de bonnes recettes pour composer de véritables plats à partir de soupes toutes prêtes, ou bien encore la Fondation Nestlé qui nous montre que c’est simple de passer à table grâce à son programme court " Tous ensemble à table "…

Tantôt axés sur la culinarité avec D’Aucy qui propose un concours pour créer des recettes originales ou la RATP qui fait descendre des chefs cuisiniers dans le métro…

Tantôt encore sur la convivialité comme Barilla qui promeut les pasta party !

D’autres, enfin, proposent une synthèse de tout cela : par exemple, Maggi qui entend, au sein de ses dernières publicités, nous faire partager plus qu’un repas, propose également un véritable coaching culinaire avec moult recettes et astuces culinaires pour mieux manger au quotidien.

 

Voilà ainsi quelques exemples parmi une invasion du tout culinaire.

Et on ne s’en plaindra pas. Car, moi, en tout cas, je préfère cuisiner plutôt que considérer mes apports en calcium, en fibres ou vitamines B6. Et si, en plus, la cuisine et le partage ont bien tous ces avantages, alors vous aussi, n’hésitez plus !

 

* Etude sur le passage à table, Institu BVA pour Nestlé, 20/01/10

** Les nouvelles convivialités, Etude Crédoc pour les Arts de la Table, octobre 2009

*** La table de la salle à manger reste le principal lieu de réception mais elle régresse (94 % en 2004 vs 88 % en 2009) au profit de la table basse du salon (35 % en 2004 vs 38 % en 2009) – étude Crédoc « Les nouvelles convivialités »

 

Par Sophie - Publié dans : Tendances
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  • Sophie
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  • Consultante en communication, j'ai découvert le marché de l'agro-alimentaire, un marché en pleine mutation, marqué par les nouveaux enjeux santé, puis par le retour du plaisir, et dont j'ai décidé de faire l'objet de ce blog !

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