Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 22:30

Désignée en partie comme responsable de la montée de l’obésité, l’industrie agro-alimentaire a plus d’une fois été mise à mal ces dernières années. Aujourd'hui, après avoir porté le chapeau de la malbouffe, elle se retrouve au banc des accusés du réchauffement climatique.
 

Stop aux dérives nutritionnelles de l'industrie agro-alimentaire ?

L'industrie agro-alimentaire est-elle responsable de la montée de l'obésité ? Pouvoirs publics, associations de consommateurs, experts scientifiques, l’industrie agro-alimentaire elle-même… on ne compte plus le nombre de parties prenantes à ce débat et les mesures ou projets de mesures qui s'en sont suivis :
- insertion des mentions sanitaires (éviter de manger trop, trop sucré, trop salé, au moins 5 fruits et légumes par jour...) sur toute publicité relative à un produit alimentaire transformé (2007),
- débat sur le marketing enfant - suppression des confiseries en sortie de caisse, appel à ne pas communiquer durant les écrans de pub des émissions enfants - (prise de parole de Roselyne Bachelot mars 2008),
- projet de taxes sur les produits trop gras, trop sucrés, trop salés (rapport Boyer août 2008)...
 

Durant la décennie 2000, le bruit médiatique généré par ce vaste sujet de société n’a cessé de s’amplifier ; il fallait un bouc émissaire, nous l’avions trouvé…
Soit. Mais ces mesures ou projet de mesures pour le moins coercitifs allaient-ils vraiment pouvoir permettre de lutter contre cette pathologie née avec la société de consommation ?
 

Sans être LA solution, une voie plus positive a semble-t-elle été trouvée en 2009 avec la signature des chartes d’engagement volontaires de progrès nutritionnel : conclues entre le PNNS (programme national nutrition santé) et les industries agro-alimentaires, elles visent à inciter des démarches d’auto-responsabilité de la part des IAA à plusieurs niveaux :
- amélioration produit (reformulation produit pour une meilleure composition nutritionnelle, taille des portions),
- communication (clarté de l’information, responsabilité des publicités),
- engagement corporate (soutien à des programmes d’éducation ou prévention à l’interne ou à l’externe).

A ce jour, 14 industriels ont signé une charte PNNS dont, encore hier, les 3 marques du groupe Nestlé : Maggi, Sveltesse et Herta.

 
 

L'industrie agro-alimentaire, maintenant responsable de l'environnement

Mais voilà : à peine ce 1er dossier commence-t-il à s’apaiser qu’une autre affaire voit le jour : l’industrie agro-alimentaire et en particulier celle de l’élevage se retrouve maintenant accusée de nuire à l’environnement.
Jusqu’à présent, seuls quelques engagés ici et là nous mettaient en garde. Depuis quelques mois, l’affaire se répand (cf article « L’alimentation durable gagne un large public, Sciences et Avenir, octobre 2009) et c’est véritablement lors du congrès de Copenhague que le scandale a éclaté : un repas avec viande et produit laitier revient - en émissions de gaz à effet de serre - à  4758 km  effectués en voiture contre 629 km pour un repas sans viande ni produit laitier. Face à ce constat, un certain nombre de personnalités dont notre légendaire Beatles, Sir Paul McCartney, appelle à consommer moins de viande.
 

Bon, que l’industrie se rassure… Si la préoccupation environnementale est réellement croissante, on peut se demander si notre Français – bien individualiste – sera vraiment enclin à changer son comportement…. A moins qu’on ne lui prouve que manger moins de viande, c’est aussi bon pour lui ! Auquel cas, « faire du bien à la planète pour se faire du bien » pourrait bien être un créneau porteur !
 

C’est en tout cas un vrai chantier de travail pour les IAA. Après la nutrition, l’environnement sera sans doute pour nos professionnels de l’agro-alimentaire un sujet majeur dans les années à venir.

Par Sophie - Publié dans : Tendances
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 14:47
Président, marque du groupe Lactalis, anticipe à nouveau les évolutions de la société.
Déjà en 2003, la marque changeait sa signature “Président, un pouvoir insensé” - qui la positionnait alors exclusivement sur le plaisir - pour une signature qui a permis de tenir le double discours du plaisir et de la nutrition : “Bien manger, c’est le début du bonheur”. Le terme de bien manger, s’entendant à la fois sur le bien nutritionnel et le bien gustatif,  allait ainsi permettre à la marque de rencontrer les préoccupations alimentaires de nos concitoyens sollicités par un “nutritionnellement correct” croissant durant les années 2000, mais sans oublier le plaisir.
Aujourd’hui, après une sorte de dictature nutritionnelle, le plaisir tend à revenir plus fortement sur le devant de la scène. Et là, Président marque encore un coup avec une nouvelle signature en 2009 “Parce qu’on ne plaisante pas avec le plaisir”. Au-delà de revaloriser le plaisir, Président légitime ici son droit de cité tout en signifiant la qualité de ses produits et la responsabilité de sa marque.

Bravo.
 
Par Sophie - Publié dans : Publicités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 11:32

Exit le tout nutritionnel des années 2000. Il suffit d'entendre "Il faut bien manger" ! Place désormais au retour du plaisir et à celui de la cuisine !

 

 

Les années 2000 ou le boom de l'alimentation santé

Les années 2000 ont vu explosé le discours nutritionnel tant du côté des pouvoirs publics que de celui des industries agro-alimentaires.  
Véritable enjeu de santé publique, la nutrition est devenue une priorité des pouvoirs publics face à la montée de l’obésité (création du PNNS, rapport Boyer, projet de taxes des produits trop gras et sucrés, création des chartes PNNS...).
Et ce 1er discours – institutionnel – n’a pas tardé à impacter l’opinion publique : les consommateurs font de plus en plus le lien entre alimentation et santé, et, “bien se nourrir” pour être en bonne santé constitue une quête qui “drive” désormais l’acte alimentaire : 85% des Français estiment que ce qu’ils mangent influence leur santé*, et, 88 % déclarent tenir compte d’une exigence de santé dans leur alimentation**.

Les industries agro-alimentaires l’ont bien compris et n’ont pas hésité à s’engouffrer dans la brèche à un double niveau : un niveau produit avec moult allégations santé (source de fibres, riche en calcium...), lancement d’alicaments (Actimel, Fruit d’or Pro-Activ...) mais aussi un niveau plus général de conseils nutritionnels : coaching, récupération des repères PNNS (par exemple Knorr Vie qui vous aide à atteindre les 5 fruits et légumes par jour).

 

 

2010, la fin du tout nutritionnel ?

Trop de nutrition tue la nutrition ! Très vite, nous avons assisté à une véritable cacophonie : "Evitez de manger trop gras... Mais les omégas 3 c’est bon pour la santé. Il faut manger des féculents à chaque repas, mais le pain ça fait grossir.... Au moins 5 fruits et légumes par jour... Mais attention au sucre des fruits !"

Que penser de tout ça ?
Aujourd'hui, le consommateur commence à saturer de ce bruit nutritionnel. Pris en étau entre un discours normatif et moralisateur et une véritable cacophonie, quelle place lui laisse-t-on pour le plaisir, une valeur pourtant fondamentale de notre culture culinaire française ?
Non que la nutrition commence à être boudée – elle demeure une attente majeure – mais les Français semblent adopter une voie plus holistique pour retrouver le chemin de l’équilibre alimentaire : la cuisine.


 

L'explosion de la cuisine
La tendance est née ces dernières années avec l’apparition des cours de cuisine et la multiplication des blogs culinaires. Au-delà d’une promotion de la cuisine loisir, aujourd’hui la cuisine est la 1ère attente en matière d’éducation alimentaire : L’item apprendre à cuisiner (réponse à la question “en quoi devrait consister l’éducation alimentaire” ?) est celui qui a le plus augmenté entre 2008 et 2009 avec 51, 6 % des réponses en 1er, 2nd ou 3ème choix***.
Hé oui, la cuisine présente de nombreux avantages : faire des repas variés, maîtriser les ingrédients, les coûts et tout ça pour se retrouver en famille ou entre amis autour de bons repas !

A leur tour, les annonceurs commencent à s’emparer du filon : chez Casino des programmes courts “Demain, c’est chez moi” propose de partager les bonnes recettes des uns et des autres, Système U sponsorise “Un dîner presque parfait”,  Carrefour avec “la Grande Cuisine” envoie des grands chefs dans le métro, et, en ce moment même, la Fondation Nestlé est présente en programme court avec “Tous ensemble à table” avec pour objetif d’apprendre à bien manger en promouvant les valeurs de la table.  

Alors, allons-nous assister maintenant au tout cuisine ?                                        





*Source : CRÉDOC, Enquêtes CAF 1988, 1997, 2000, 2004 et 2007.
**
Pourcentage tiré d’une étude réalisée en 2007 par le Centre régional de valorisation et d’innovations agricoles et alimentaires (Cervia). 
*** Enquête Crédoc Alimentation, 2009. 

Par Sophie - Publié dans : Tendances
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /Jan /2010 19:17
Auchan annonce aujourd’hui l’ouverture dès le mois de mars d’un magasin hard discount d’un nouveau genre : Priba. Au-delà de devenir le plus grand magasin de hard discount de France avec 9000 m2, de s’afficher avec des couleurs flashy vert fluo et rose framboise, la nouvelle enseigne se distinguera par la largeur de son offre : avec 28 000 / 30 000 références, Aldi et Lidl n’auront qu’à bien se tenir (respectivement 700 et 1 100 références).

Assez alléchant, certes...

Ce qui me gêne plus, c’est le pourquoi et le comment...
Priba verra le jour dans la périphérie de Mulhouse pour remplacer l’hypermarché actuel Auchan, le mois performant du groupe.
Le magasin sera, a priori, 100 % libre service ; hé oui, les rayons traiteurs, boulangerie et boucherie de l'actuel hypermarché seront supprimés, et avec, leurs employés...
Enfin, il n’est pas exclu que les dirigeants de Priba s'inspirent des hypers discount Radouga, ouverts par Auchan en Russie : des caisses automatisées, et pour les produits frais, des clients qui circulent avec leur chariot dans une chambre froide.


Il est vrai que, ces dernières années, nos consommateurs ont vu leur sensibilité aux prix accrûe. En effet,
la fréquentation des hypers, supers a chuté alors que celle du hard discount a connu une hausse importante (respectivement, supers, hypers, de 74 à 66 % 2008 vs 2007 / hard discount, de 9,3 à 15, 2 %). Et par ailleurs, encadrer les prix de 1ère nécessité pour permettre à tous de se nourrir constitue la 1ère attente envers les pouvoirs publics (/ politique d’alimentation) et a vu une croissance de 10 points entre 2007 et 2008 (26, 8 à 36, 7%)*.

Manger est plus que jamais une nécessité... Dommage que ce ne soit pas possible pour tout le monde dans les enseignes classiques !
 

* Enquête Crédoc 2008 
Par Sophie - Publié dans : Actus
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus